Figures de père dans la Bible

Figures de père dans la Bible 2017-03-28T10:33:58+00:00

A l’exemple de Saint Joseph

par le Père Charles Formery

A l’époque de Jésus, il était de bon ton d’avoir beaucoup d’enfants, surtout beaucoup de fils. C’était sujet d’orgueil. Et c’est sans doute pour contrecarrer cet orgueil que le Seigneur avait commandé la circoncision (Gn 17) : rappelle-toi que c’est moi qui te donne de donner la vie ; je te raccourcis à ce niveau-là pour que tu comprennes que le puissant, c’est moi.

Aujourd’hui, il se pourrait que les pères de famille nombreuse soient tentés de ne pas trop chercher à se présenter comme tels. Mais, à l’époque de Jésus, il fallait avoir beaucoup d’enfants. Les gens avaient peur de ne pas réussir à en avoir beaucoup.
Joseph, lui, n’a donné naissance à personne : Jésus n’est pas son fils biologique et il est probable que Joseph n’ait pas eu d’autres enfants. La Tradition ne dit rien là-dessus. L’humilité de Joseph. L’écrasement de Joseph, même !

Un beau jour, il s’entend dire par son Fils adoptif : “pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être dans la maison de mon Père ?” (Lc 2,49). Coup de fouet : “mon père, c’est un autre que toi” ! Bien sûr, Jésus ne se départ pas de sa tendresse habituelle (tout adolescent qu’il est à ce moment-là) puisqu’il dit : “il me faut”, autrement dit : “je suis désolé, ce n’est pas moi qui en ai décidé ainsi”. Cela n’en reste pas moins très dur pour Joseph.

Joseph est un bon ami pour vous, les pères de famille ! Très souvent, vous avez fière allure, vous êtes brillants. Bien souvent aussi, vous êtes en galère. Souvent, vous êtes écrasés par le poids des responsabilités. Parfois, vous êtes humiliés. Parlez à ce bon frère Joseph, que vous trouverez toujours un cran en-dessous de vous.

Ce qui est très beau dans l’histoire en partie contée plus haut (l’histoire du recouvrement de Jésus en Temple, Lc 2), c’est qu’il est dit à la fin que Jésus se soumet à Joseph, qu’il croît en sagesse, en taille et en grâce. Comme si l’abaissement du père procurait l’épanouissement du fils. C’est peut-être un peu tiré par les cheveux mais je pense que le bon père de famille, celui dont les enfants reçoivent vraiment, c’est celui qui s’abaisse, qui se fait fils de Dieu.

Le pélé des pères, c’est renouer ensemble avec le plancher des vaches, avec l’humilité, avec cette filiation divine – cadeau de notre Baptême.

Psaume 131

Seigneur,

Je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme
tranquille et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais.