Paroles de pères

Paroles de pères 2017-04-09T19:25:12+00:00

Eric 

Père de famille

Un petit résumé :
Trop de messe
Trop de marche
Trop de chants
Trop de saucisson,
Pas assez de sommeil
Pas assez de saucisse bio
Pas d’eau chaude, en fait pas du tout
Mais….
Assez de vin
Des gens formidables TOUS
Certes trop de chants mais 200 hommes chantant dans une église c’est pas mal
Un recteur qui me ferait retourner à la messe
Une organisation top
Deux frères formidables
Un père admirable
En clairc’était génial
Merci à tous ceux qui m’ont “forcé” à y aller.

Dominique 

Père de famille

Le pélé des pères, c’est un moment unique comme il y a parfois des moments de grâce que l’on n’oublie jamais.
A quel moment 200 papas, se retrouvent ensemble, pour partager, fraterniser, s’enrichir et tout simplement se découvrir pour mieux découvrir notre Dieu, notre Jésus ?
Qu’il est saisissant d’entendre les voix de 200 hommes qui montent vers le ciel dans des chants qui lancent un vrai Merci !
La première fois que j’y suis allé, j’ai été un peu poussé par ma femme, je n’étais pas très motivé …
Si vous lisez ces quelques lignes, peut être n’êtes vous jamais venus, alors je vous dirai tout simplement : « Venez et voyez » (Jn 1, 39)  ou encore « Vous les reconnaitrez à leurs fruits » (Mt 7, 16)
Essayez au moins une fois, venez vous faire votre propre idée.
Vous êtes attendus et vous ne le savez pas.

Bruno

Père de famille

Je ne suis ni très religieux, ni très pratiquant, ni très engagé. C’est trois de mes bonnes raisons pour passer trois jours par an à pèleriner. Un peu de réflexion ne peut pas nuire. Et il se trouve que cette réflexion est nourrie par des pères de famille qui ont souvent plus réfléchi que moi, qui ont vécu des expériences que je ne vivraient peut être jamais et qui savent en parler. Ils ont le mérite d’être intelligents, drôles et ouverts.

Cette année, ce sera la troisième année pour moi. Et j’ai la chance d’emmener mon pote André.

Pierre

Père de famille

Parti sur la confiance en la parole d’un vieil habitué du pélé et sans trop savoir à quoi m’attendre, je suis revenu heureux d’avoir pris ce temps de mise à l’écart. Quelques jours au cours desquels on se concentre sur l’essentiel, le sens de notre vie. Le chemin emprunté n’est pas toujours facile mais jamais insurmontable. On le parcourt ensemble, entre hommes, accompagnés par notre prière commune (c’est beau des voix d’hommes au matin dans une petite chapelle médiévale), partageant nos maux de dos et nos secrets les plus personnels, en toute simplicité, heureux de trouver une douche ou un bon saucisson de pays, tous tournés vers Rocamadour dont la spiritualité mariale vous accueille comme une mère bienveillante. Non, il n’est pas facile de vous raconter en quelques lignes le chemin intérieur que vous faites, mais ne vous privez pas de ce moment à vivre sans aucune crainte.

Bruno

Père de famille

Depuis près de 7 ans le Pélé des Pères de famille est devenu un jalon central et vivifiant de mon année. À la charnière de celle-ci, marchant à travers des paysages qui invitent à la louange,  il est l’occasion idéale de mettre le bilan de mes 6 premiers mois sous le regard du Seigneur, et avec la fraternité joyeuse des autres pères, de me mettre en condition d’offrir mon été à un sain et saint repos, à ma famille, à la prière , à la joie, à l’essentiel .

Clément

Père de famille

 En 2016, j’ai traversé une épreuve personnelle particulièrement difficile qui m’a vu me confronter seul à un environnement hostile et dont les conséquences ont été désastreuses pour ma famille et mes proches. Face à cette situation désespérée, je me suis tourné vers la prière et le pardon pour demander à Dieu de me donner force et courage pour affronter ces difficultés. J’ai été entendu. Bruno, mon beau-frère, m’a proposé de participer au pèlerinage des pères de famille de Rocamadour.  J’ai compris alors que j’exauçais, par la grâce de la prière, mon vœu de partager avec mes pairs le poids de mes fautes et leur pardon. Chacun d’entre nous étant, par son humanité, une infinie parcelle de Dieu.

Dans cette nature magnifique, nous avons dormi par terre et partager nos repas dans un climat de prières, de chants et de silences où nous nous sommes rapprochés les uns des autres avec bienveillance et miséricorde. Ces étrangers, au départ du pèlerinage le jeudi soir, sont devenus en trois jours un groupe soudé et amical par la cohésion de la prière et la profondeur de nos échanges. Fort de personnalités très différentes, jamais je n’ai été jugé par mes pairs qui m’ont soutenu et encouragé pour m’aider à faire face à mon chemin de vie escarpé comme les falaises de Rocamadour.

Je cherchais la grâce et j’ai remercié Dieu de me l’avoir donné en participant à cette marche vers la vierge noire. Je garde un souvenir très émouvant de la ferveur de l’adoration du saint sacrement et de chacune des messes célébrées avec l’ensemble du groupe de pèlerins. Je souhaite à chacun d’entre nous de vivre ces trois jours de pèlerinage pour retrouver sa part d’humanité et de bienveillance. J’ai d’ailleurs choisi de revenir à ce pèlerinage en 2017 et d’y accueillir de nouveaux pèlerins pour partager cette grâce.

“Que votre âme trouve sa joie dans la miséricorde de Dieu” 

Eric Simon

Père de famille et éleveur

Le 1er juillet 2016, 200 pèlerins nous ont fait la joie de venir camper dans un de nos prés, nous faisant un peu profiter du souffle qui entraînait le pèlerinage de pères de famille ; à cette occasion, en début de veillée, j’ai pu partager la manière dont ma vie de Foi, mon travail et ma vie de famille se mêlent et se nourrissent mutuellement, exprimer comment je cherche à construire une unité de vie, où les choses les plus concrètes – nourrir des cochons, guider un troupeau de brebis, élever des enfants- sont imprégnées de ma Foi en Jésus Christ. Plusieurs d’entre vous ont demandé que je retranscrive par écrit, ce qui était un témoignage oral assez spontané. Ce que je fais aujourd’hui, espérant retisser quelques liens avec vous, au delà des kilomètres et des modes de vie qui nous éloignent. Nous élevons, mon épouse et moi, une soixantaine de truies en agriculture biologique et en plein air, ainsi que 70 brebis, en plein air, dans les sous bois, une dizaine d’âne … et des enfants (elles aussi le plus possible au grand air!). L’essentiel de notre démarche est d’essayer de concilier l’impératif économique de gagner notre vie pour subvenir aux besoins de notre famille, avec le souhait d’avoir un mode d’élevage respectueux de l’environnement, des animaux dont nous avons la charge et de la santé des consommateurs, pour qui nous travaillons in fine.

Pour moi, le point de départ, depuis que je suis enfant, c’est l’émerveillement face aux beauté de la nature ; émerveillement sans cesse renouvelé, au gré des saisons, de pouvoir contempler les paysages, sans cesse changeants sous des ciels bleus azur, gris de pluie, noirs d’orage, rouge au soleil couchant, blancs de neige … émerveillement face à la grâce des orchidées, la force des arbres qui peuplent nos forêts, la surprise d’un écureuil ou d’un chevreuil qui croisent régulièrement nos chemins … Si l’on croit que Dieu est à l’origine du monde, alors la beauté de la création reflète l’Amour que Dieu a pour nous ; la nature est un cadeau précieux, un trésor que le Père a façonné pour nous. De ce fait, le fait de vivre et travailler chaque jour dans ce merveilleux environnement qui vous entoure ce soir, est pour moi, chaque jour, une occasion, un appel à rendre grâce au Créateur. Ainsi, dans mon métier d’éleveur, chaque jour, en travaillant, je prie pour remercier Dieu pour la beauté de la nature, dont je ne me lasse jamais ; entendons nous bien, il ne s’agit pas de sacraliser la nature, en elle-même, mais d’y voir le signe de la présence et de la bonté de Dieu, pour nous ses enfants.

Du coup, face à un si précieux cadeau, on ne peut qu’avoir envie d’en prendre soin, de le préserver ; pour les générations futures certes, mais tout d’abord par respect envers Celui qui en est le Créateur et aussi le Maître. Je crois en effet que s’il est légitime que nous travaillons cette terre pour nous nourrir, nous n’en sommes que les utilisateurs ; nous n’avons que l’usufruit, en aucun cas la propriété ; La terre appartient à Dieu et nous avons le devoir de la gérer « en bon père de famille » comme on disait dans le code rural.

Émerveillement, gratitude, respect, … c’est le premier mouvement ; il ne s’agit ni d’ascèse, ni de renoncement … il ne s’agit pas d’une écologie punitive, mais d’une écologie joyeuse ! Il ne s’agit pas non plus de dénigrer l’homme pour sauver la nature, comme le prônent certains écologistes qui vivent dans la détestation de l’humain … il s’agit juste de retrouver sa juste place : Dieu, l’Homme, la nature, de réconcilier la créature avec son créateur et avec la création. Concrètement, pour nous cela se traduit par une manière de travailler non polluante, qui préserve la biodiversité et qui respecte les animaux d’élevage.

En effet, pour nous, s’il est légitime d’élever des animaux pour les manger, nous avons le devoir de leur offrir les conditions d’une bonne vie, conformément aux besoins spécifiques de leurs espèces. Cette démarche est loin d’être majoritaire ; dans la profession et la filière viande, beaucoup considèrent que ,puisqu’au final on les élève pour les tuer, ce ne sont que des cadavres en sursit, des machines à produire de la viande, des œufs ou du lait, et ne méritent donc aucun égard particulier. A l’autre extrême, les amoureux des animaux ne comprennent pas que nous puissions envoyer nos bêtes à l’abattoir, après tout le soin que nous leur avons porté …Pour les uns, l’animal est un objet, pour les autres, c’est une personne, … pour nous ce sont des animaux, envers qui nous avons des droits et des devoirs, et le sens de notre travail reste avant tout de nourrir nos frères, les Hommes.

Un autre aspect de mon travail, c’est que tout n’est pas « cui-cui, les petits oiseaux » ! Nous sommes soumis aux à coup climatiques, aux maladies, aux risques d’accident- des animaux ou de nous-même, à la volatilité des cours ou l’effondrement du marché, sans parler du harcèlement incessant de l’administration … Il y a 14 ans, j’ai quitté le métier de prof que j’exerçais depuis 11 ans, et dans lequel j’avais sécurité d’emploi, de salaire, de vacances et de retraite, pour un métier où rien n’est garanti, si ce n’est une accumulation de risques quotidiens.

J’ai fait cela, en connaissance de cause, pour vivre avec le Seigneur, l’Alliance dans le quotidien. « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait manquer où Il me conduit » dit le psaume ; c’est aussi ma prière quotidienne, depuis 14 ans ; je me suis mis en danger, pour avoir besoin de l’aide de Dieu et expérimenter l’action de la Providence dans ma vie. Il ne s’agit pas de faire la sieste en attendant que Dieu fasse mon boulot à ma place, bien sûr ! J’essaye de vivre ce précepte de saint Ignace : « agis comme si tout dépendait de toi, et prie comme si tout dépendait de Dieu » … et franchement, ça décrasse ! Du coup, nous vivons le « donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour », avec gratitude, en apprenant la confiance envers la Providence qui nous donne chaque mois les porcelets qui nous feront vivre un mois de plus … comme la manne au désert, chaque jour donnée, mais dont on ne peut pas faire de réserve ; ainsi je travaille en priant, en rendant grâce ou en implorant le secours du Seigneur ; ainsi j’essaye que ma vie devienne une prière …

Ce métier d’éleveur est aussi un métier de service : service des bêtes, dont je suis autant le maître que l’esclave (comme, vous le savez bien, le père de famille est autant le « chef » de famille que le serviteur de tous), serviteur des engraisseurs qui achètent nos porcelets et pour qui nous travaillons avec application, serviteur des gens que nous participons à nourrir, serviteur de nos enfants que nous faisons vivre par notre travail, Sabine et moi.

Un aspect central de notre vie, c’est de pouvoir combiner, chaque jour vie de couple, travail, famille, loisir, prière … nous n’avons pas des tronçons de vie, séparés, indépendants, mais chez nous tout est mêlé, relié, interdépendant : je travaille chaque jour, mais chaque jour je prends le temps de m’occuper de mes filles, m’efforçant d’avancer de front dans les différentes dimensions qui constituent un homme : époux, père, citoyen et enfant de Dieu …

Au final, je crois que la vie spirituelle n’est pas le 7° étage de la maison, comme le dit André Séve, mais quelque chose qui doit transformer toute la maison de la cave au grenier …Ainsi, il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires, mais de les faire avec le Seigneur !