Mille raisons de ne pas venir

Mille raisons de ne pas venir 2017-04-18T12:14:31+00:00

Où est-ce que j’en suis ?

Mais d’ailleurs, moi qui suis père, c’est vrai, j’ai des enfants, une femme, une famille…

Dans nos vies, il n’y a pas beaucoup de place pour vivre un moment non seulement entre homme, mais plus rare encore entre pères de famille. Cette étrange espèce, est fortement attaquée dans ce temps ou la fusion et le mélange des genres troubles les repères pour avancer sereinement dans sa vie d’homme. Pour les hommes qui ont décidé de construire leur vie en famille, sans être seul, persuadés de la richesse et de la fécondité de cette vocation, il n’y a pas grand-chose sur la vocation de « père de famille », si ce n’est quelques caricatures, ou des suggestions à la démission, ou encore beaucoup de sollicitations et de tentations pour effriter cette ringardise.

Est-ce que ce n’est pas mieux d’aller se reposer un peu ?

Je n’ai pas le temps, c’est le début de mes vacances…
Commencer par l’essentiel. Commencer par ce qui donne du sens. Remettre ses vacances sous le regard de Celui qui nous donne la vie, qui nous accompagne et qui nous aime. Profiter de cette période de vacances pour retrouver les siens, en toute simplicité, faire le point sur leur besoin, pour leur donner de bonnes choses pendant cette période de détente. Ne pas arriver auprès des miens avec mes fatigues, me ressourcer spirituellement et physiquement pendant ce pélé, pour arriver dans de bonnes dispositions en vacances, moment privilégié auprès de ceux que j’aime. Raccourcir cette période d’ajustement.

Dieu créateur de l’univers, OK, il y a quelque chose…

Mais trois jours de messe, prières, voire confessions, adoration, ça fait un peu beaucoup, non ?
L’origine de ce pélé est partie d’un groupe de laïcs qui voulaient se retrouver pour partager leur expérience de père de famille, quel que soit leur situation et attirés par une recherche spirituelle. C’est pour cela que la charte du pélé propose à chacun un authentique questionnement sur la place de Dieu dans notre vie d’homme.

Il n’y a pas de prières réservées à certains. Les temps de silences et de prières sont adressés à tous quel que soit leur situation « mariés, divorcés, remariés, veufs, célibataires en couples, catholiques convaincus ou non baptisés, réfractaires ou éloignés, ayant en commun une relation à initier, créer, explorer ou développer avec Dieu ».

Il y a aussi la présence de prêtres, qui nous aident et nous guident.

Nous avons chacun un besoin spirituel qui nous est propre, une vocation particulière, un état de vie dans lequel nous nous trouvons placés. Les pères de famille sont souvent écartelés dans leur équilibre de vie entre leur engagement au travail et leur implication dans la vie familiale. Trois jours ne sont pas de trop pour écouter la voix intérieure dans laquelle Dieu cherche à nous parler.

Est-ce qu’on a besoin de tout ça pour être un bon père de famille ?

Ce pèlerinage est un temps privilégié, qui est préparé par une équipe d’animation pendant l’année. L’objectif de ce temps liturgique est de recevoir les sacrements et de se recueillir selon son besoin.

Il y a une proposition pour un véritable cheminement intérieur et spirituel accompli en marchant ou lors de nos célébrations. Entendre un chœur de 200 hommes chanter dans une belle église, qui peut y rester insensible ?

Ras-le bol, j’ai même plus envie de me poser trop de questions…

Et avec ma femme ? Mes enfants ? Comment puis-je me sortir de mes enlisements ? Mes addictions ? Comment vivre avec ces problèmes qui m’encombrent ? Ce travers, cette souffrance, ce ras le bol, qui reviennent sans arrêt ? Comment éviter la fuite quand j’en ai trop marre ? Comment récupérer cette situation avec ma femme, mes enfants, mes frères/sœurs ? Mes parents ? Qu’est-ce que ma femme attend de moi ? Qu’est-ce que ma famille attend de moi ? Qu’est-ce que mon enfant attend de moi ? Pour son éducation ? Pour sa vie affective ? Pour ses études ? Son épanouissement ? Pour connaître la foi ? Comment puis-je être présent à mon épouse ? Comment la servir, sans me servir ? Comment repartir dans ma vie conjugale ?

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Pourquoi Saint Joseph ?

Qu’est-ce qu’un contemporain de Jésus peut bien m’apprendre…
aint Joseph est une figure de père de famille très particulière. Fiancé, il accueille une femme, Marie, qui porte un enfant qui n’est pas de lui, qui aurait pu être sous le coup de la loi. Il quitte son boulot, il change de pays, revient après un long moment. Il protège sa famille et travaille à Nazareth. Un itinéraire jonché d’obstacles et pourtant une fécondité qui en fait la charnière entre l’ancien et le nouveau testament. Il est celui qui a fait grandir Jésus, un destin exceptionnel ! Un père de famille dont la vocation est à découvrir et dont la vie a beaucoup à nous apprendre…

Où est l’essentiel ? dans mon boulot ? Dans ma famille ? Est-ce que je ne fuis pas l’un ou l’autre ?

C’est bon j’ai mon boulot et j’y tiens...

Examiner son équilibre de vie personnel et professionnel, retrouver un positionnement juste et la joie de participer à la création, mettre son travail sous le regard de Dieu. Est-ce que je ne tire pas trop sur la bête ? Est-ce que je suis juste dans mon boulot ? Est-ce que je suis honnête ? Est-ce que je ne gêne pas les autres ? Ou encore en période de chômage, venir demander du travail.

Est-ce que je vais me faire accepter ?

Un pélé « Catho » pour des « Cathos ». Vu mes distances avec l’église, ça va être compliqué pour moi…
Lors du premier pèlerinage des pères de famille à Rocamadour, 230 pèlerins sont venus de la région parisienne, du Chesnay, des Mureaux, de Normandie, d’Avignon, de Genève, de Nantes, de Lyon, de Montpellier, de Lille mais aussi de Toulouse et de Gourdon. De tous les milieux sociaux. C’est un temps privilégié où il n’y a pas de protocole ; chacun arrive avec son sac, son short, ses baskets.

Les groupes sont faits en prenant en compte les affinités, les copains, tout en brassant un peu les personnes, pour découvrir sans être perdu. C’est une occasion unique pour s’enrichir des expériences des autres, découvrir qu’on est pas seuls avec les mêmes difficultés, échanger ou partager ses joies ou ses souffrances, trouver des solutions, se soutenir dans les épreuves. Ce pélé permet de ne pas rester seul, et souvent d’échanger plus profondément avec l’un ou l’autre, et de se porter mutuellement dans la prière.

Est-ce bien pour moi ?

Ils vont tous me juger, je n’ai rien à faire là-dedans.
La charte du pèlerinage commence par ces points essentiels :

L’absence de jugement sur les convictions spirituelles et religieuses de chacun.

L’accueil de tous, quels que soient les âges, milieux sociaux, situations professionnelles ou personnelles, qui apportent leurs différences et font la richesse du groupe.

La liberté et l’absence de formalisme.

Nous veillerons fraternellement les uns sur les autres, sans jugement, dans le respect de la vérité et du chemin de chacun.

Cette marche sera à notre image : parfois souriante et ensoleillée, parfois triste et difficile. Parfois confiante et sereine, parfois inquiète et agitée. Sur les chemins des Causses du Quercy, nous allons parcourir ceux de notre vie, nous arpenterons celui de notre relation à Dieu.

Pourquoi Rocamadour ?

Il y a plein d’autres trucs à faire.
C’est aujourd’hui une chance inouïe et un moment fort dans notre propre histoire et celle de notre pays, de pouvoir participer à un tel évènement. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, une explosion de propositions ravive les pèlerinages vers les plus hauts lieux de spiritualité en France.

Pourquoi la Vierge Marie ?

Marie…c’est pas mon truc.

Rocamadour reste un grand mystère ; la Vierge Noire, Notre-Dame de Rocamadour, accomplit des miracles, exauce les prières et donne « l’espérance ferme comme le rocher ». Elle délivre, guérit, donne de nombreuses grâces, redonne des forces.

Pourquoi ce sanctuaire attire-t-il depuis des siècles des millions de pèlerins venus du monde entier ?

Qu’est-ce que je vais bien aller faire à Rocamadour …
Rocamadour est un site d’exception ou les hommes ont élu domicile depuis 25 000 ans ! Il existe peu d’endroits en France avec un passé historique aussi lointain, et aussi curieux que cela puisse paraître, étonnamment mystique. Ce lieu manifestement élève l’âme. Célèbre jusqu’au haut moyen âge, largement devant Saint Jacques de Compostelle, Rocamadour devient un des quatre lieux saints de la chrétienté : Jérusalem, Rome, saint Jacques de Compostelle et Rocamadour. Les pèlerins pouvaient y obtenir des remises de peines simplement sur la présentation d’une preuve de pèlerinage et bénéficiaient d’indulgences plénières à vie. C’est dire l’importance du lieu, sa réputation et son « charisme ». Il y a certainement quelque chose à découvrir et à en retirer

Qu’est-ce qu’on peut bien me raconter sur le fait d’être père de famille ?

Je sais faire, je me débrouille bien seul depuis le début…

Pendant ce « pélé » il est possible de partager simplement avec d’autres hommes, cette vocation d’ »aventurier des temps modernes » comme disait Péguy, ou rien n’est enseigné ni écrit. Partager de l’expérience, de l’intelligence collective et les bonnes pratiques sur le fait d’être père de famille. « Se » recevoir, pour mieux se donner

Pourquoi une randonnée ?

Autant faire un petit WE sportif entre copain…

Le cadre naturel d’exception des causses du Berry se prête particulièrement bien à une randonnée pédestre. Après avoir quitté la ville de Gourdon et à l’issue d’une marche de deux jours dans le « désert », Rocamadour surgit de la rocaille. On arrive à flanc de falaise, dans cette incroyable basilique entre ciel et terre, qui nous rappelle la Jérusalem céleste après notre pèlerinage sur la terre. Une magnifique randonnée de 50 km en 3 jours dans des sites exceptionnels. Là, c’est le week end sportif avec en plus une proposition spirituelle de grande qualité.

Pourquoi un truc pour moi tout seul ?

Dans l’intimité de la marche, il y a un espace pour se recevoir. Recevoir et revoir sa vocation d’homme, réfléchir sur sa vocation de père. Le premier mouvement est de recevoir, « se » recevoir, comme on reçoit la vie, comme le premier mouvement du cœur qui bat, recevoir pour donner.

Pourquoi uniquement entre hommes ?

Je préfère la réflexion en couple.
On ne se dit pas la même chose entre hommes que lorsqu’on se rencontre en couple ou avec d’autres couples. Par exemple, dans un cercle masculin, il est souvent plus facile d’évoquer ses difficultés professionnelles dont on veut parfois protéger son conjoint.

Est-ce que je ne ferais pas mieux de faire un bon Week-end sportif ?

Entre copains ou avec mon CE…
Ce week-end est un peu sportif. 50 km de marche ce n’est pas excessif, mais pas uniquement ! Il est rare de prendre le temps de se penser et de se recevoir comme homme, père de famille au sein du couple, avec la femme avec qui on s’est choisi. L’homme au service de sa femme, de son couple et de ses enfants, a largement de quoi se ruiner affectivement et socialement, s’il ne prend pas le temps de se ressourcer. Il a devant lui beaucoup d’écueils et d’obstacles à surmonter, des erreurs à éviter, des blessures et de coups à prendre s’il ne prend pas soin de sa propre vocation d’homme, pour mieux servir les siens et construire sa famille.

Je ne suis plus très pratiquant.

J’aimerai faire une « pause »
Les motivations de chacun d’entre nous sont très diverses. Certains viennent avec des questions précises liées à leur rôle de père, d’époux ou à la place du travail dans leur vie. D’autres viennent simplement pour marcher dans le silence et vivre une expérience conviviale. D’autres encore pour chercher Dieu même s’ils ne sont pas « pratiquants ».

Une des grâces de ce pèlerinage est de pouvoir se ressourcer et prendre le temps de confier ses vacances et sa famille à Dieu, de se remettre soi-même devant Dieu.

Une grâce très particulière de ce pèlerinage est de pouvoir partager des blessures, souvent enfouies, entre pères de famille en toute confidentialité sous le regard bienveillant de Dieu. Toute souffrance a sa part d’indicible. Parler de son divorce, d’un enfant qui ne va pas bien, ou de son anxiété au travail est une première étape pour retrouver une forme de paix intérieure. Les confier à Dieu dans la prière ou à un prêtre dans le sacrement de réconciliation, ouvre au pardon reçu ou à donner. Lui seul libère vraiment.

Est-ce qu’il y a quelque chose pour moi dans ce pélé ?

Je ne suis pas sûr d’être dans la cible. Moi, j’ai besoin de rien, merci.
Si je lis ces quelques lignes, c’est que déjà je ressens un appel et quelque chose de de sa présence. Nos convictions spirituelles vont enfin du presque rien au presque tout : non baptisés, réfractaires ou éloignés, mais aussi catholiques convaincus et pratiquants. Et pour tous en commun une relation à initier, créer, explorer ou développer avec Dieu. Il nous rassemble, Il nous appelle qui que nous soyons, où que nous en soyons.

Pourquoi un pélé des pères de familles ?

Je n’ai besoin de personne, ça fait longtemps que je me débrouille tout seul.
Depuis plusieurs années des pères de famille franciliens ont marché ensemble sur les chemins du sanctuaire de Cotignac (haut Var), puis ont renoué avec Vézelay (Morvan), puis maintenant, marchent vers le sanctuaire de Rocamadour (Lot). Les groupes marchent – pendant le même week-end – simultanément et en communion de prière avec de nombreux autres groupes de pères de famille existant dans d’autres régions et notamment ceux de Cotignac, du Puy en Velay, de Vézelay, de Montligeon, d’Agen, de Clermont-Ferrand, L’Île Bouchard, Sainte Anne d’Auray, Provins et Rocamadour.

Pourquoi aller aussi loin ?

Rocamadour c’est beaucoup de route. Je ne suis pas sûr que ça vaille le coup.
Pour se (re)mettre en route, il est nécessaire de se décentrer, d’accepter de prendre un peu de distance par rapport à ses habitudes. Prendre le risque de l’inconnu, prendre du recul, risquer la rencontre, l’improvisation, assurer son autonomie, avec une organisation par d’autres, de l’imperfection, de la simplicité, de l’effort.

Le pèlerinage commence dès l’embarquement. Le covoiturage est une figure imposée pour des raisons de sécurité ; plusieurs conducteurs sont vivement recommandés pour chaque véhicule, de façon à se relayer et rouler avec la vigilance requise, surtout pour le retour.

Les équipes sont formées préalablement au départ. Le voyage est un temps pour faire connaissance, retrouver ou découvrir d’autres pères de famille. Changement d’ambiance, « lacher prise », et premier plongeon dans le pèlerinage, on parcourt le carnet du pèlerin, qui donne le thème, et on répète quelques chants.